FCFA-ECO Ousmane Sonko Clarifie

Ousmane Sonko a clarifié dans le sens que nous souhaitions, sa position sur les enjeux autour de la question du FCFA et de sa transition vers l’ECO. L’enjeu est essentiellement politique. Face à la nécessité d’une « Renaissance Doctrinale » à laquelle nous appelions et que nous avons appelé Libéralisme Patriotique Progressiste, Il faut choisir.

Soit on est pour l’utilisation de l’instrument monétaire comme outil de developpement à une echelle nationale en toute responsabilité « SENEXIT » soit comme instrument de gestion macroéconomique amortisseur de chocs et d’erreurs à l’échelle de l’UEMOA avec une banque centrale forte bénéficiant de l’autonomie d’objectif sur le taux de change et éventuellement comme rempart contre la doctrine socialisante du statu quo dirigiste du développement. Les choix sont donc idéologiques mais dans la responsabilité avec une monnaie FLEXIBLE qui pourrait nous prémunir du Libéralisme Internatinoalisé Socialisant qui dominerait l’Afrique.

Nous invitons toute la classe politique sénégalaise à opérer cette Renaissance Doctrinale pour un nouveau Sénégal. Cette renaissance se fera avec le Libéralisme que nous n’avons jamais connu.

Message au FMI: Pas de New Deal Particulier pour l’Afrique

Il n’était peut-être pas nécessaire que nous nous exprimions à propos du « Sommet de Paris sur le Financement des Économies Africaines Post Covid » puisque nous avons déjà développé notre position sur le sujet dans une série de contributions inaugurée par celle intitulée « Consensus de Dakar Pas le Choix de la Jeunesse Africaine ». Cette contribution faisait suite à la Conférence de Dakar sur la dette africaine tenue en 2019 en présence de la Directrice Générale du FMI. Sa thèse principale était que l’Afrique pouvait être une importante locomotive de la croissance mondiale, mais qu’il ne fallait pas faire de cette locomotive un objectif de l’extérieur financé principalement par l’endettement en devises et l’investissement étranger facilités par des régimes de change fixes sans inclusion financière du secteur privé national. Ce consensus ne pouvait engager la jeunesse africaine qui aspire à prendre son destin en main. De ce point de vue, nous disions que nous n’avions pas besoin d’un traitement spécial du FMI et des bailleurs ; que nous étions en phase avec la mobilisation optimale des ressources locales, leur utilisation efficace, une transparence dans un état de droit, et un environnement économique propice à l’essor du secteur privé surtout national aidé en cela par des monnaies plus flexibles. C’est ce que nous avons appelé le libéralisme patriotique par opposition au libéralisme internationalisé socialisant qui viserait à partager les fruits de la croissance avec l’Afrique tout en la dominant.

En effet, les tenants de ce « Consensus de Dakar », en veilleuse du fait de la pandémie, ajoutent les effets marginaux de cette dernière sur la plupart de nos économies pour raviver leur thèse. Ce consensus peut se résumer ainsi : « Le monde a un potentiel de croissance par une capacité de production sous exploitée qu’une demande provenant de l’Afrique pourrait soutenir. Dans la mesure où l’Afrique n’a pas la capacité de financement nécessaire dans son paradigme actuel de gouvernance, les pays avancés doivent l’aider à le faire, soit directement, ou à travers le FMI et les institutions de financement du développement. Ceci serait un modus operandi complémentaire et en concurrence avec les méthodes de pays adeptes du capitalisme d’état (Chine, Russie, Turquie, etc…). Pour ce faire, une partie de la dette de certains pays d’Afrique pourrait être annulée ou convertie en apports dans des projets. Par ailleurs, il devrait être autorisé aux pays africains qui ont des marges d’endettement de programmer des déficits budgétaires plus élevés et que le financement de ces déficits se fasse à des taux concessionnels pour atténuer le risque de surendettement extérieur en devises ». L’argumentaire peut se comprendre et ces choix peuvent être exploités mais dans l’orthodoxie de la gestion macroéconomique.

Dans une série de contributions complémentaires, nous nous sommes exprimés contre l’annulation de dettes soutenables car nous voulons le refinancement progressif du stock actuel de cette dette en monnaie nationale bien que finançable par des non-résidents libres investisseurs dans notre marché sous-régional.  Cette stratégie nécessite une réforme monétaire permettant à notre banque centrale, en ce qui concerne l’UEMOA, d’avoir une autonomie d’objectif sur le taux de change en le gérant selon nos besoins. Cette flexibilité n’est pas synonyme de flexibilité externalisée par un arrimage à un panier de monnaies euro/dollar/yuan. Nous avons développé cette thèse dans notre contribution intitulée « Annulation de Dette Non, Souveraineté Monétaire Oui ». Les instruments classiques du FMI peuvent nous aider à accompagner une telle transition en soutenant nos réserves de change au besoin face à des chocs temporaires si nous adhérons à une bonne gestion macroéconomique et financière.

De ce point de vue, nous avons appelé le Président Macky Sall dans notre contribution intitulée « Afrique, Acteur Marginal Réveil Forcé » à ne pas se faire le porte-parole d’une relance africaine par le financement extérieur en devises. Ce n’est pas dans l’intérêt de l’Afrique et de sa jeunesse qui aspire à prendre son destin en main libre et non dans la co-construction. La thèse principale de cette contribution était que l’arrimage rigide de notre monnaie sur l’euro et l’endettement en devises que cela faciliterait, lierait notre destin à celui de l’Europe et de la France en particulier. Le Président Houphouët Boigny avait pris cette option en 1960 mais la nécessité d’un ajustement de taux de change qu’il a refusé malgré la détérioration des termes de l’échange dans un marché international libre, a fait que son pays n’a pas bénéficié de l’option libérale qu’il avait prise puisqu’il croulait sous le poids des dettes en devises. Il a eu les mêmes résultats que Leopold Sédar Senghor avec l’échec de son socialisme démocratique. Deux hommes aux idéologies opposées mais embarqués dans le même bateau avec la France par leur arrimage monétaire auraient pu tous les deux réussir s’ils n’étaient pas liés par une union monétaire héritée mais non choisie.

Celui qui avait choisi cette option pour eux avait comme dessein une confédération avec des territoires autonomes sans autonomie monétaire. Ceci a fait que leurs principaux instruments d’ajustement devant l’échec ou les chocs défavorables étaient l’austérité et/ou les annulations de dettes de leurs créanciers qui les finançaient par ailleurs avec leurs propres réserves de change. Dans la mesure où nous n’avions pas accès aux marchés des eurobonds, ce rôle de banquier du détenteur de leurs réserves de change n’était pas mauvais en soi si les risques liés aux échecs étaient partagés. C’est peut-être, là, la nouveauté dans un New Deal qui favoriserait les projets publics privés aux risques partagés. Néanmoins, pour éviter ce scénario de dépendance de l’extérieur à travers des instruments modernes qui répéteraient l’histoire (exploitation et domination de l’Afrique après la traite négrière, la colonisation et l’endettement), nous ne voulons pas de New Deal particulier en dehors de mécanismes éprouvés de financement de projets viables. Nous exhortons le Président Macky à rester dans cette orthodoxie.

Au Sénégal, nous sommes à nouveau à la croisée des chemins avec la Côte d’Ivoire avec laquelle nous partageons une même banque centrale mais n’avons pas les mêmes fondamentaux et pas nécessairement les mêmes options idéologiques. Les signaux macroéconomiques sont au vert en Côte d’Ivoire avec une dette publique autour de seulement 40% du PIB suite à la revalorisation de son PIB et un déficit budgétaire maitrisé qui peut facilement être ramené au critère de convergence de l’UEMOA de 3% du PIB de déficit établi pour favoriser le leadership du secteur privé dans notre développement. Elle a de la marge d’endettement et de déficit budgétaire, mais ne peut le financer sur le marché sous régional sans effet d’éviction sur son secteur privé et sur les autres États de l’Union. Le Sénégal, en revanche, a déjà utilisé ses marges d’endettement après la revalorisation de son PIB en 2015 et son endettement approche les 70% du PIB qu’il souhaiterait ne pas avoir à respecter. Il n’a donc presque plus de marge. Une annulation de dette et sa reconstitution progressive lui permettrait d’avoir la même stratégie de financement que la Côte d’Ivoire qui a choisi le libéralisme internationalisé socialisant qu’une parité fixe sur l’euro lui permettra de réaliser avec le financement extérieur en devises comme gage aux investisseurs étrangers.

Cette dernière option ne devrait pas être celle du Sénégal et de ceux qui sont adeptes de notre libéralisme patriotique en faveur de nos très petites entreprises. Ce libéralisme nécessite que nos entreprises soient financièrement incluses dans une monnaie compétitive et que notre dette extérieure en devises soit réduite qu’elle soit concessionnelle ou non. En effet, une dette extérieure même concessionnelle à taux d’intérêt zéro, devient non concessionnelle dès lors qu’une dévaluation de taux de change devient nécessaire du fait de chocs extérieurs que le taux de change doit amortir pour soutenir l’économie locale.

De ce dernier point de vue, les droits de tirage spéciaux du Fonds Monétaire International alloués de façon appropriée en fonction des quotas des pays et qui ont leur raison d’être ne devraient pas être prêtés aux pays africains sans distinction de circonstances et favoriser leur endettement en devises à des taux même concessionnels. Nous ne pensons pas que les Etats-Unis soutiendront une telle démarche qui ne se justifie pas et qui dénaturerait l’objectif monétaire des droits de tirage spéciaux qui sont censés financer la demande mondiale sans endettement. Le FMI n’est pas une institution de financement du développement.

Le Président du Sénégal s’est exprimé en faveur de cette opération d’endettement de l’Afrique par les DTS, mais cette dernière n’est pas dans l’intérêt du Sénégal. Le Sénégal a une dette soutenable, a accès aux marchés internationaux et aux instruments classiques du FMI, et a besoin d’une autonomie monétaire et du leadership de ses petites entreprises ce qui ne l’empêche pas de saisir des opportunités d’investissements extérieurs. Si le Sénégal et la Côte d’Ivoire ne peuvent pas s’entendre sur cette stratégie, ils doivent se séparer pour ne pas répéter l’histoire d’options idéologiques différentes sans les instruments d’accompagnement. Nous devons innover et compter sur nos petites et moyennes entreprises et nos collectivités locales à financer de l’intérieur pour construire la nouvelle Afrique Post-Covid et nous le pouvons (voir notre contribution intitulée « Relance Economique Post Covid-Comment ? ».

De ce qui précède, nous souhaiterions donc lancer un message au Fonds Monétaire International où nous avons passé 15 années et avons eu le privilège d’être parmi les principaux initiateurs de son guide méthodologique d’analyse des Stratégies d’Endettement à Moyen Terme dans nos pays. L’hypothèse d’une capacité d’absorption d’un endettement plus élevé en devises à des taux concessionnels pour financer une croissance potentielle handicapée par la contrainte de financement extérieur est du déjà-vu. Elle s’est souvent soldée par des déficits excessifs et par l’augmentation des risques budgétaires même quand il s’est agi de projets en partenariat public privé qui souvent dans un contexte de pauvreté nécessitent un soutien financier des États aux marges limitées.

Il nous faut essayer l’alternative qui est le déblocage du potentiel de croissance de l’Afrique par l’inclusion financière de son secteur privé dans une monnaie nationale compétitive dans un cadre macroéconomique assaini faisant de l’endettement en devise l’exception et la liberté économique la norme. Pour que l’endettement en devises soit l’exception, il faut renforcer nos banques centrales, et donner confiance aux investisseurs étrangers qui souscriraient à nos bons et obligations d’état en notre monnaie du fait d’une gestion vertueuse. Nous avons développé cette thèse dans notre contribution intitulée : « Financement de l’UEMOA, Proposition Post-Covid ».

Librement

Dr. Abdourahmane Sarr
Président du CEFDEL

Macky Sall sur ses Rails accepte l’Alternative

Le Président Macky Sall a été fidèle à lui-même lors de son adresse à la nation à l’occasion de la fête de l’indépendance et a délivré un bon discours qui correspond à sa personnalité et à ses valeurs de socio-démocrate. Il a réaffirmé son voeu d’un « Sénégal de tous et un Sénégal pour tous ». De ce point de vue, il promet de réorienter le budget de l’état dans le sens des besoins des populations (santé, éducation, infrastructures de base) et surtout de la jeunesse à travers des filets sociaux et de réduire les dépenses en infrastructures lourdes.
Comme nous le disions à la veille du groupe Consultatif de Paris, les bailleurs ne sont pas les Sénégalais https://www.cefdel.net/2018/12/19/macky-sall-les-bailleurs-ne-sont-pas-les-senegalais/. Le Président Macky Sall semble l’avoir compris avec un Conseil Présidentiel de la Jeunesse en perspective sur la base de Consultations Territoriales et un discours nous appelant à prendre notre destin en main seul. Ceci ne veut pas dire que l’aide d’autres n’est pas la bienvenue, mais ne devra plus orienter notre destin.

Ce qu’il a déclaré est tout ce qu’il peut réellement faire dans son cadre institutionnel actuel, nous le disions évaluant son plan de relance dans un contexte d’ajustement (https://www.cefdel.net/2020/10/01/plan-dajustement-et-de-developpement-et-non-de-relance/.). De ce fait, les trois prochaines années seront bien utilisées s’il se colle à ce discours.

En perspective cependant, il nous dit qu’il adhère à notre doctrine « Moom Sa Bopp, Mënël Sa Bopp ». Nous en sommes très heureux. La matérialisation de cette vision devra être à moyen et long terme soit avec « un seul bloc » centralisé et déconcentré comme il le dit ou en plusieurs blocs décentralisés mais solidaires avec tous les instruments de gestion économique pour réussir. Ces options ne correspondent pas à sa vision antérieure https://www.cefdel.net/2018/12/06/macky-sall-a-choisi-socialisme-et-capital-etranger/ . .Sa préférence était l’émergence sous le leadership du capital étranger ou sous leadership d’états (Chine, Turquie, etc…) et une redistribution des fruits de la croissance qui en découleraient.

Librement

Dr. Abdourahmane Sarr

Moom Sa Bopp Mënël Sa Bopp

Triple Scrutin: Consultation Unique en Fevrier 2022

Le peuple sénégalais, représenté par sa jeunesse dont c’est l’avenir qui est en jeu, est sorti en mars 2021 pour réaffirmer qu’il est un peuple démocrate à plusieurs égards. Non seulement il tient à ses libertés civiles et politiques mais également à une gouvernance qui corresponde à sa culture démocratique. Il a ainsi démontré à la classe politique que lorsqu’il doit sortir pour affirmer sa souveraineté, il le fait et remet les choses à l’endroit. Il s’agit donc d’un grand peuple qui préfère le dialogue à la confrontation certes, fait jouer ses régulateurs sociaux pour exprimer cette préférence, mais devant la nécessité, il ne fait pas dans l’indifférence. La classe politique doit donc se hisser au niveau de ce peuple. Le faire de la manière la plus noble et non politicienne est de le consulter par le biais d’élections libres, transparentes, et non contestées dans le cadre de règles du jeu consensuelles et faire reparler la majorité silencieuse qui ne manque pas les grands rendez-vous (voir Démocratie Sénégalaise Debout).

Nous disions en 2014 dans notre contribution intitulée « les élections locales sont-elles en fait nationales ? » qu’une « fois de plus, nous nous acheminons vers des élections locales qui ne sont locales que de nom. Les maires des communes du Sénégal n’ont pas les moyens de fournir les services publics auxquels les citoyens s’attendent car ces derniers n’ont pas les moyens de financer les services publics qu’ils désirent. De ce fait, les maires ne peuvent pas faire grand-chose sans l’état central…Le problème est que l’État central non plus n’a pas les moyens d’offrir aux citoyens ce qu’ils désirent. Il lui faut de ce fait être sélectif dans la distribution de ses moyens limités et transférables à la base. Dans cette sélectivité, l’État doit satisfaire en priorité ceux qui sont prêts à le soutenir politiquement. C’est de ce point de vue que nos élections locales sont véritablement nationales. Il s’agira pour les Sénégalais qui participeront au vote de choisir ceux qui pourront obtenir les privilèges du pouvoir central ou de sanctionner le pouvoir à travers ceux qui aspirent à le représenter dans les localités. Dans l’éventualité d’une forte abstention des citoyens indépendants, les élections locales seront une compétition entre politiciens pour marquer leur territoire en vue de joutes électorales futures et de positions dans l’appareil d’État ».

De ce fait, les prochaines élections locales devraient être couplées aux législatives et à la présidentielle pour un rendez-vous unique entre le peuple et sa classe politique le 27 février 2022. En effet, ce rendez-vous pourrait également être, nous l’avons dit, celui du respect de la parole donnée par le Président Macky Sall qui démissionnerait au 31 Décembre 2021 pour que des élections présidentielles puissent se tenir le 27 février 2022. Ceci ne l’empêcherait pas de diriger sa coalition aux législatives. Ce triple scrutin serait à 3/4 bulletins uniques (Présidentielle, Législatives, et Locales). Des députés élus en février 2022 prendraient fonction à l’expiration de la législature en cours 3 mois plus tard en juillet 2022. Le champ politique bipolarisé aura une année pleine pour expliquer ses visions alternatives sous l’œil vigilant des citoyens indépendants engagés. Nous nous remettrions au travail pendant 5 ans sans élection et en perspective de défis majeurs liés notamment au pétrole et au gaz mais également à la gestion macroéconomique post-Covid-19.

Une telle consultation permettrait, tôt plutôt que tard suite à la révolte de mars 2021, de clarifier la volonté du peuple quant à son leadership politique au niveau le plus élevé de notre régime présidentiel. Dans ce régime, le parlement est censé accompagner l’exécutif élu pour lui permettre de gouverner tout en le contrôlant et en permettant à l’opposition représentée de faire entendre sa voix. Ce régime nous est préférable car nous avons besoin d’un leadership transformationnel et ce dernier ne peut être pluriel bien qu’accompagné.

A moins que nous n’autonomisions nos collectivités locales en pôles régionaux par des transferts de ressources conséquentes de l’État central, il ne sert pas à grand-chose d’organiser des élections locales et législatives en marge de la présidentielle qui n’ont un caractère local que de nom.

Enfin, un triple scrutin le 27 février 2022 pourrait permettre d’éviter une potentielle cohabitation de bords différents entre un Président élu en 2024 et une assemblée élue en 2022 ou une reprise d’élections législatives en 2024 pour demander au peuple de clarifier des choix ambigus entre 2022 et 2024.

Librement

Liberté Politique Oui, Liberté Economique Surtout

Les Sénégalais s’émeuvent de la régression d’un point sur l’indice de Freedom House (www.freedomhouse.org) qui a changé la représentation du pays du vert (libre, score de 71) à la couleur jaune (partiellement libre, score de 70), mais nous demeurons dans le peloton de tête des pays libres sur le plan de la démocratie.

Nous sommes cependant en queue de peloton quand il s’agit de l’indice de liberté économique de Heritage Foundation (www.heritage.org). Les baisses de score sur cet indice ne dérangent personne surtout si on se compare aux performances de la Côte d’Ivoire qui s’aligne désormais sur la moyenne mondiale alors que nous avons régressé depuis l’alternance de 2000 en dessous alors que nous étions bien au-dessus.

L’indice de liberté économique évalue l’État de droit qui protège la propriété privée, l’efficacité réglementaire qui facilite les affaires notamment le marché du travail, la taille de l’État et le fardeau fiscal qui politisent l’allocation des ressources, l’ouverture des marchés qui facilite les échanges et la concurrence notamment à travers l’inclusion financière et le développement des marchés financiers. Notre libéralisme semble donc s’être arrêté au niveau politique. Notre manque de liberté économique peut être corrélé à notre pauvreté si on nous compare au monde. Les pays ayant les meilleurs scores dans l’indice de liberté économique sont également les pays les plus riches du monde, y compris émergents. Cette corrélation devrait au moins nous amener à nous poser des questions sur nos options. Tout n’est pas politique et démocratie seulement.

Le Sénégal est un paradoxe où règne la confusion. Avant l’alternance de 2000, nous étions sur une lancée de libéralisme économique après avoir constaté l’échec de toutes les variantes essayées du socialisme. En 1999, après la période des ajustements et la libéralisation, nous étions au même score que la moyenne européenne sur l’indice de liberté économique (60.6) et au-dessus de la moyenne mondiale (57.6). Une période de libéralisme économique allait alors s’ouvrir dans la durée suite à la dévaluation qui avait donné un second souffle à notre économie. Le peuple était cependant déjà à bout de souffle, et n’étant pas toujours au fait des enjeux, a réalisé l’alternance pour faire renaître l’espoir. Notre démocratie en est sortie renforcée. La direction du pays avait cependant déjà changé et devait être maintenue avec des réformes notamment monétaires qui étaient déjà dans les tiroirs d’après les protagonistes de l’époque. Ceci devait se faire dans le cadre d’une gestion budgétaire et d’endettement saine pour le bénéfice des populations. Ça n’a pas été le cas.

Nous sommes supposés être dirigés depuis 2000 par des libéraux qui se disent du libéralisme social et qui nous ont fait régresser dans tous les principaux domaines des libertés pour nous aligner sur la moyenne africaine (55.7) de l’indice de liberté économique. Nous sommes désormais en dessous des moyennes mondiales (61.6) et des pays d’Asie (60.2) plus libres qu’en 2000 alors que nous étions au-dessus en 2000. La Côte d’Ivoire, l’autre locomotive de l’UEMOA, semble prendre le chemin contraire (50.2 en 1999) se hissant bien au-dessus de la moyenne africaine pour se situer à la moyenne mondiale (61.6) en 2021. Tous ces signaux sont désormais au vert pour une renaissance suite à des législatives inclusives et des indicateurs macroéconomiques (dette surtout et déficit) meilleurs que les nôtres malgré la Covid. Il lui reste à mieux s’occuper de sa population et prendre le leadership de la réforme monétaire nécessaire. Une croissance élevée, une volonté de redistribution, et des infrastructures par l’endettement en devises ne sont pas synonymes de bonne gestion. Nous en payons les pots cassés.

Librement.

L’Heure est à l’Apaisement pour Raison d’Etat

Il semble que le Sénégal opère une rupture tous les 20 ans environ au premier trimestre de l’année marquant cette étape (1960-1980, 1980-2000, 2000-2020). L’année 2021 ne fera pas exception et la rupture nécessaire est entre les mains du président Macky Sall pour une renaissance dans une nouvelle direction. Il peut encore honorer son contrat moral avec les Sénégalais en organisant des élections présidentielles en 2022. Ces élections seraient suivies de législatives déjà prévues la même année pour confirmer le choix des électeurs.

Au-delà du respect de la parole donnée, la transmission du pouvoir après 10 ans entre d’autres mains (2 mandats de 5 ans maximum) permet à un pays d’avancer et d’éviter de passer 20 années dans une mauvaise direction potentielle avec les mêmes personnes qui se proposent de corriger leurs erreurs humaines. Ceci nous est arrivé de 1960 à 1980 (socialisme démocratique à la Senghor sans tous les instruments de gestion macroéconomique) 20 ans de Diouf 1980-2000 (ajustement, libéralisation et ou socio-libéralisme toujours sans tous les instruments de gestion macroéconomique) 20 ans de la même chose 2000-2020 (plan après plan de libéralisme social) toujours sans les instruments et dilapidant toujours nos marges d’endettement après que nous les ayons reconstituées par ajustements ou annulations de dette ou revalorisation de PIB. Le Sénégal a été dans la continuité entre 2000 et 2020 suivie d’un dialogue entre socialisants et l’endettement en devises en échange d’infrastructures.

Pour la stabilité du pays, l’opposant Ousmane Sonko et tous les détenus suite aux récentes tensions doivent être libérés, L’affaire Adji Sarr et ses ambiguités devrait désormais être enterrée pour raison d’Etat. Le président Macky Sall, s’il doit rester au pouvoir jusqu’en 2024 par respect à la Constitution devrait le faire dans le cadre d’un gouvernement d’union nationale y compris avec l’opposition radicale tout en annonçant clairement qu’il ne sera pas candidat en 2024. Le leadership de cette opposition est désormais clarifié. C’est le prix à payer pour l’apaisement du climat politique et social.

Librement

Scandale au Sénégal, Macky Sall n’est plus la Cible

Le président Macky Sall ne peut pas être candidat à l’élection présidentielle de 2024 et nous ne pensons pas qu’il le sera. Sa personne ne doit donc plus être la cible de l’opposition partisane. En revanche, le succès du vainqueur de la primaire de sa coalition au pouvoir suite à un deuxième tour de scrutin dépendra du bilan à cette échéance. Ceci nécessite que tous ceux qui veulent se prévaloir de ce bilan soient avec lui. Naturellement tous ceux qui prédisent son échec doivent être contre lui. Nous l’avons argumenté dans notre contribution intitulée «Macky Sall, Libéral, Socialiste, ou Souverainiste ?»

Dès lors, à qui profite le crime ? Nous avons appelé à un rassemblement de l’opposition autour d’Ousmane Sonko et à la définition d’un projet alternatif compris par les citoyens pour que cette opposition soit compétitive. Ce projet alternatif ne tourne pas autour de questions éthiques ou de gouvernance. Que les partisans d’Ousmane Sonko ou de la coalition au pouvoir aient été derrière cette sortie médiatisée dans un salon de massage ou pas, le résultat est le suivant : il faut accepter ou faire accepter le fait qu’il n’y a que deux forces politiques partisanes au Sénégal. Le pouvoir autour du président Macky Sall et l’opposition autour d’Ousmane Sonko.

L’immunité parlementaire de ce dernier doit être levée au plus vite pour qu’il puisse réaffirmer, par la force des arguments devant qui de droit, qu’il n’a rien à voir avec les accusations portées contre lui et que la plaignante, qu’il ne poursuit pas par ailleurs, puisse soutenir sa thèse aidée en cela par ceux dont c’est le rôle. Au résultat, l’ambiguïté déjà distillée dans la presse et la politique politicienne auront servi de moyens, comme d’habitude, de nous mettre devant les choix véritables que nous devions faire par nous-mêmes et par la raison.

Cette expérience de choix à faire et non assumés nous l’avons vécue avec Khalifa Sall, Karim Wade, le PS et le PDS. L’héritier du PDS c’est Macky Sall, qu’Abdoulaye Wade et Idrissa Seck l’aient accepté ou pas, la réalité des urnes l’ayant démontré à maintes reprises jusqu’à ce qu’il ne puisse plus être candidat. Le choix du PS et de l’AFP de s’agripper à Macky Sall après que les sénégalais l’aient choisi pour qu’il ne retourne pas chez ses anciens frères qui n’avaient pas encore ruminé ce statut était également logique. Ils l’ont donc aidé à combattre ses anciens frères et à réaffirmer son statut d’héritier. Ça leur a également permis d’exister politiquement et d’aider le président Macky Sall par la justice, le parrainage, et les vulnérabilités des dissidents (Khalifa Sall) et opposants (Karim Wade) de confirmer le choix du peuple sénégalais réaffirmé lors de multiples scrutins depuis 2012. Nous avons argumenté cette thèse dans notre tribune intitulée « La démocratie sénégalaise debout ».

De ce fait, la classe politique et les Sénégalais en sont encore à devoir faire des choix réfléchis. Pour nous, la grande question est de savoir dans quelle direction le Sénégal doit aller pour emprunter le chemin du développement pour ses enfants. La réponse à cette question de notre point de vue n’est pas dans la stratégie du pouvoir et ne l’est pas encore dans celle de l’opposition. Ousmane Sonko que nous avons soutenu à la dernière présidentielle en a exposé des éléments structurels, notamment sur la question monétaire, mais de façon non achevée et non clairement argumentée. Nous l’avons invité à le faire et à davantage épouser le libéralisme.

Nous avons proposé la stratégie que nous pensons que le Sénégal devrait adopter pour se mettre sur le chemin du développement dans la liberté et le patriotisme (Senexit : Emergence Libérale et Patriotique ou Socialisme ?). Nous n’allons pas y revenir en détail. Cette stratégie, de notre point de vue, devrait davantage aller dans le sens de responsabiliser les Sénégalais dans leur propre développement par la liberté économique véritable, la décentralisation du pouvoir, et par leur inclusion financière pour qu’ils puissent réaliser leurs propres plans et non ceux du capital étranger principalement. Ce changement est celui que devrait adopter les forces progressistes sénégalaises qui ont jadis été socialisantes.  Nous continuerons de porter cet idéal de rupture par le libéralisme patriotique progressiste nous-mêmes et si nécessaire politiquement et de façon indépendante et/ou de soutenir tous ceux qui auront la même vision.

Librement

Le FCFA Mort, Responsabilisons-Nous!

Le parlement français a ratifié la réforme du FCFA qui met définitivement fin aux malentendus, permettant, comme nous le disions dans notre tribune « FCFA : Débat Clarifié, Victoire d’Etape », d’entrer dans les débats de fond intra-africains. C’est-à-dire, quelle parité nous voulons pour notre monnaie, car il ne reste dans notre coopération avec la France qu’une parité fixe sur l’euro du fait de notre propre choix et si et seulement si nous ratifions à notre tour cet accord.

A présent donc, pour les opposants au FCFA, il ne reste qu’un seul sujet de débat, celui de la parité. La libre convertibilité du compte courant de notre balance des paiements est universelle à tous les pays, la libre convertibilité du compte capital de la balance des paiements de l’UEMOA n’existe avec aucun pays y compris la France, nos réserves de change ne seront plus au trésor français, et nous n’aurons plus de représentant français dans nos instances de politique monétaire. Nous devrons élaborer un cadre de coopération et d’échange d’information du fait de la parité fixe si et seulement si nous ratifions l’accord approuvé par le parlement français.

Cela veut essentiellement dire que si nos Assemblées nationales ne retiennent pas ce que la France a ratifié, notre relation de parité monétaire avec la France sera terminée. La garantie hypothétique de notre parité par un accord entre la France et notre banque centrale peut ne pas être actée dans la mesure où nos réserves de change suffisent à garantir notre parité. Nous demandons donc aux partisans de la réforme monétaire de tourner le débat vers nos propres dirigeants car la France elle n’est plus dans le débat.

De facto, le mutisme de nos autorités est en soi un acte. Si aucun de nos parlements ne bouge, le FCFA tel que nous l’avons connu est totalement mort dans la forme et dans le fond, la France n’y étant plus. Les symboles qui restaient n’ont jamais été importants, mais en les enlevant, rien n’empêche nos états de tracer leur propre voie. A défaut, ce sera l’esclave libéré qui ne veut pas partir.  J’imagine qu’il n’en sera rien puisque nous parions et soutenons un ECO flexibilisé de l’UEMOA qui devrait exister dans un avenir proche.

Librement.

Perspective 2024: Macky Sall Chef de l’Opposition

Le président Macky Sall vient de baisser les rideaux du théâtre qui se jouait devant nous depuis la veille de la présidentielle de 2019 avec un gouvernement encore pléthorique. De nos analyses, il était ressorti que le peuple sénégalais avait fini de consacrer Macky Sall comme héritier d’Abdoulaye Wade et leader de la classe politique sénégalaise socialisante (La Démocratie Sénégalaise Debout). Les urnes avaient effectivement révélé aux législatives de 2017 que les frustrés du pouvoir qui avaient quitté le pouvoir après avoir élu le président de la République en 2012 devaient rester à ses côtés et qu’Abdoulaye Wade incarnait l’opposition mais pas au profit de son fils. Idrissa Seck ne s’y était pas trompé et avait calibré son programme présidentiel pour asseoir les bases d’une participation à la gestion du pouvoir afin de légitimement prétendre assurer sa continuité sans remettre en cause la vision (Idrissa Seck : candidat sans vision nouvelle). La bipolarisation du champ politique sénégalais était alors consacrée (Macky la continuité, Sonko la rupture).

De notre point de vue, le président Macky Sall sachant qu’il ne peut prétendre à un troisième mandat, prépare son statut de chef de l’opposition en perspective de 2024 sans contestation de son leadership dans son parti et sa coalition. Pour ce faire, il lui suffira de gagner les locales et les législatives prochaines pour contrôler son appareil politique et l’Assemblée nationale pendant une transition qu’il espérera de 5 ans après 2024 s’il ne peut être candidat. L’alternative sera de changer le régime politique pour qu’il soit parlementaire et poursuivre la mise en œuvre du PSE. La sortie du gouvernement de son état-major politique pourrait le justifier.

Nous disions que Macky Sall n’était effectivement plus la cible, mais que c’était lui qui tenait le pouvoir jusqu’en 2024 et pouvait aider à le transmettre par la réussite ou l’échec de la politique qu’il mettra en œuvre (Macky Sall : Socialiste, Libéral ou Souverainiste). Nous disions aussi que le dialogue politique était une nécessité dans un pays où les populations et même beaucoup dans la classe politique ne savent pas faire la distinction entre les visions alternatives qui sont proposées. Dans ce contexte, le dialogue politique post-électoral était utile pour dégager une synthèse parmi ceux qui sont supposés savoir et clarifier l’opposition (Du Dialogue : Clarifier le Consensus et l’Opposition).

Le Dialogue a produit ce que nous pensions, c’est-à-dire, par la « pensée de groupe », une continuité dans la vision socialisante de notre développement (Plan d’Ajustement et de Développement, pas de Relance) ; (Décentralisation : Equité Territoriale ou Autonomisation). Le PS et le PDS historiques reconstitués, c’est-à-dire le système, sont ensemble au pouvoir. Cette vision met l’Etat central au cœur du processus de développement sans en avoir les instruments macroéconomiques. Cet Etat est aidé en cela par un lobby privé national et international au détriment de la majorité qui se contentera de la redistribution des fruits de la croissance. Nous le répétons, c’est ce que nous avons appelé le libéralisme internationalisé socialisant qui ne réussira pas dans notre contexte. Le système échouera donc à nouveau, échec que le pétrole et le gaz masqueront, et nos enfants continueront de prendre la mer.

L’alternative à cette vision, nous l’avons dit, est de faire en sorte que les Sénégalais puissent prendre leur propre destin en main là où ils vivent : Un Sénégal de tous, un Sénégal par tous. Cette alternative véritablement libérale et patriotique est l’alternance idéologique, doctrinale, et de leadership transformationnel dont le Sénégal a besoin et qu’il n’arrive pas à réaliser. Elle ne peut se faire sans une réforme monétaire et la décentralisation véritable du pays en plusieurs pôles de décision, la vraie démocratie. La répétition est pédagogique. Nous nous engageons à œuvrer pour son avènement (Relance Post Covid Comment ?).

Librement.

Dr. Abdourahmane Sarr président CEFDEL
Moom Sa Bopp Mënël Sa Bopp

Décentralisation: Equité Territoriale ou Autonomisation?

La Journée de la décentralisation de ce 22 octobre 2020 était une bonne initiative mais elle a encore été une rencontre de «Group Think» ou «Pensée de Groupe». Elle s’est inscrite dans la continuité de notre Etat centralisé, au plus déconcentré, fédérant autour de programmes de l’Etat à territorialiser (Pudc, Pacasen, Promovilles, Bourses familiales etc..). La vision de la décentralisation du Président Macky Sall se résume à l’équité territoriale, à la justice sociale et à la territorialisation du Plan de Relance pour un Etat financièrement faible et en ajustement : «Un Sénégal de tous, un Sénégal pour tous.» Un Etat essentiellement socialisant.

L’esprit de la décentralisation pour un Etat financièrement faible doit être une décentralisation autonomisante et responsabilisante sans exclure la solidarité. Pour ce faire, il faut que nos territoires puissent se développer d’eux-mêmes en faisant en sorte que leur production possible rencontre une demande exprimée sous une forme monétaire. Il ne s’agirait pas de plans de développement de l’Etat central pour des pôles territoires sur la base de supposés avantages éco-géographiques comparatifs locaux mais d’accompagner des dynamiques locales en cours par le financement local autonome. Nous avons déjà développé cette thèse dans notre contribution intitulée : «Relance Post-Covid : Comment ?»

Puisque notre Etat n’a pas les moyens de financer sa politique centralisée et socialisante, et a atteint les limites d’endettement extérieur, les collectivités territoriales doivent être autonomisées pour se développer d’elles-mêmes. Cela n’empêchera pas une solidarité nationale. Dans ce contexte, l’Etat en perspective, s’occuperait de ce qui nous est réellement commun : Un Sénégal de tous, Un Sénégal par tous. Un Etat au libéralisme patriotique.

Il est donc dommage que la journée de la décentralisation n’ait pas été une journée de réflexion sur l’autonomisation de pôles régionaux annoncés, depuis, dans le cadre de l’Acte III de la décentralisation. Ces pôles régionaux devaient se passer des départements et consacrer l’intercommunalité et le renforcement de villes épicentres dans le contexte d’une urbanisation croissante. L’urbanisation est une opportunité qui, conjuguée à la digitalisation des échanges, permettra aux collectivités locales de mobiliser des ressources locales sur les transactions digitales si celles-ci sont adoptées par le secteur informel. Ceci est bien possible et sera le cas dans le cadre du projet sofadel www.sofadel.com que nous nous apprêtons à lancer et qui fera que 1% de toutes les transactions digitales sera volontairement reversé aux collectivités locales.

Librement

Dr. Abdourahmane SARR
Président Cefdel
Moom Sa Bopp Mënël Sa Bopp